Islam Québec, Eldorado ou enfer?
Les deux premiers Ă©pisodes montrĂ©s aux journalistes mercredi nous font voir sous un autre jour la difficile intĂ©gration de ces immigrants, qui doivent encore faire face Ă l’Ă©quation «arabe Ă©gale terroriste». «Femme voilĂ©e Ă©gale femme soumise». Un musulman? Une bombe va exploser!
Si le gouvernement leur vend le QuĂ©bec comme une formidable terre d’accueil, les immigrants dĂ©chantent trĂšs souvent en arrivant ici. Alors qu’on leur a promis un travail, des diplĂŽmĂ©s en gĂ©nie civil ou en psychologie finissent chaffeurs de taxi Ă leur arrivĂ©e. Ou bien leur formation n’est pas reconnue ici, ou bien ils sont surqualifiĂ©s. AisĂ©s dans leur pays d’origine, ils finissent pauvres, vivant souvent de l’aide sociale. Le tiers des maghrĂ©bins sont sans emploi chez nous.
Souvent venus ici pour fournir Ă leurs enfants un meilleur systĂšme d’Ă©ducation, ces immigrants finissent par regretter d’avoir quittĂ© leur pays. «Je suis ici parce que j’ai des enfants. Lorsqu’ils auront 17-18 ans, je retourne chez moi», dit l’un d’entre eux. LaissĂ©s Ă eux-mĂȘmes, ils finissent par croire qu’on les a fait venir pour «peupler» le QuĂ©bec, plutĂŽt que pour y travailler.
Chroniqueuse Ă La Presse, la Libanaise d’origine Rima Elkouri se surprend de recevoir encore des insultes racistes Ă l’endroit des musulmans. Les cas de discrimination raciale sont encore bien rĂ©els au QuĂ©bec. On relate le cas d’un citoyen d’origine algĂ©rienne, Abdallah Boucetta, qui a dĂ» changer son nom pour Charles Tremblay afin de dĂ©nicher une entrevue pour un emploi. L’employeur a refusĂ© de s’expliquer Ă la camĂ©ra, mais une enquĂȘte est en cours Ă la Commission des droits de la personne.
Chaque Ă©mission d’Islam QuĂ©bec est bĂątie autour d’un thĂšme. On verra que les couples musulmans ont Ă s’adapter au mode de vie des couples quĂ©bĂ©cois Ă leur arrivĂ©e. Quand les gars se mettent Ă laver la vaisselle, ils le font en cachette, pour ne pas ĂȘtre vus, tellement ils n’en ont pas l’habitude. Les femmes, dont une porte un foulard, ne cachent pas leur satisfaction de voir leur mari participer aux tĂąches quotidiennes, un dĂ©bat bien rĂ©volu chez nous. On remarque aussi que beaucoup de couples d’immigrants divorcent tant l’adaptation a raison de leur bonne entente.
