ENSEIGNEMENTS DU « PRINTEMPS ARABE »
Le « Printemps arabe » est un ensemble de manifestations populaires d’importance inégale qui se produisent dans de nombreux pays du monde arabe à partir de décembre 2010. L’expression de « Printemps arabe » fait référence au « Printemps des peuples » de 1848 auquel il a été comparé. Ces mouvements révolutionnaires nationaux sont aussi qualifiés de révolutions arabes, de révoltes arabes ou encore de « réveil arabe ».
Ces évènements ont commencé le 17 décembre 2010 par la révolution en Tunisie qui a conduit Zine el-Abidine Ben Ali à quitter le pouvoir. D’autres peuples reprennent à leur tour le slogan « Dégage ! » (ou Erhal ! en arabe) devenu le symbole de ces révolutions. Outre le départ des dictateurs et l’instauration d’une démocratie, les manifestants exigent un partage des richesses qui leur assure de meilleures conditions de vie, des emplois, et la dignité (« karama » en arabe). Alors que la révolution égyptienne provoque le départ d’Hosni Moubarak et une transition démocratique, les autres n’ont pas les même conséquences : en Libye, elle tourne à la guerre civile entre les forces fidèles au régime de la Jamahiriya de Mouammar Kadhafi et les insurgés, soutenus par une intervention étrangère sous mandat de l’ONU ; au Bahreïn, la solidarité contre-révolutionnaire des monarchies du Golfe fait échec au mouvement de contestation ; au Yémen, le dictateur Saleh louvoie entre exigences de l’opposition et le soutien international à une transition pacifique, et en Syrie, la répression exercée par le régime de Bachar el-Assad cause des centaines de morts. Malgré la violence des répressions dans tous les pays concernés par des mouvements d’ampleur, elles échouent presque toutes et les contestations continuent. Tous les autres pays du monde arabe ont été touchés, mais les manifestations y ont eu une ampleur et des conséquences plus limitées. Des États non arabes ont enregistré aussi des manifestations ou procédé à des actions préventives, notamment l’Iran, mais l’ampleur de ces mouvements a généralement été moindre et l’influence des événements du monde arabe n’a pas toujours été clairement établie.
Les principales causes de ces mouvements à forte dimension sociale sont le manque de libertés individuelles et publiques, la kleptocratie, le chômage, la misère, le coût de la vie élevé ainsi qu’un besoin de démocratie qui ne soit pas une simple façade. Cette vague révolutionnaire est comparée à divers moments historiques, comme le Printemps des peuples de 1848, (d’où le surnom de « Printemps arabe »), la chute du Rideau de fer en 1989,ou encore le Risorgimento italien.
Ces révolutions recourent aux méthodes de contestation non-violente détaillées dans le manuel de Gene Sharp et inspirées de celles de Gandhi ; les révolutionnaires utilisent les technologies modernes de communication (différents outils d’Internet et téléphone mobile) de façon intensive, la télévision satellitaire jouant également un rôle important dans le déroulement des évènements. Les dictatures concernées tentent d’ailleurs de contrer ces moyens de communication (coupure ou brouillage des réseaux, attaque contre les journalistes).
En juin 2011, la contestation se poursuit dans la quasi-totalité des pays arabes, les différents mouvements s’encourageant les uns les autres : ainsi, la contestation à Bahreïn, assommée par l’intervention saoudienne, reprend dès la fin de l’état d’urgence[12]. Dans tous les pays concernés, les révolutions cimentent l’unité nationale[12]. Ces révoltes arabes pourraient mener à une redistribution des cartes dans cette zone du monde, avec des conséquences géopolitiques (comme sur le conflit israélo-palestinien), sociales et économiques majeures à l’échelle mondiale, notamment à cause de l’industrie pétrolière, très présente dans ces régions.
